La grande question reste : comment une telle organisation a-t-elle fait pour perdurer durant tant de décennies?
Force est de constater que le Grand Louis Laringite a marqué la vie de bien plus d'un. Le Maitre ne s'est pas reclu égoistement dans sa gloire et son succès, il a continué sa mission et fait vivre ses convictions. C'est un message de résistance et de courage qu'il répandit au sein de tous les foyers, en particulier au sein de son propre foyer.
En effet, Louis Laringite se maria avec la douce Appoline Boudon en 1921, de cette union nacquit Edmond Laringite. Le petit Edmond comprit bien vite à quel point son père fut un homme respectable et respecté de tous. Dès son sixième printemps, le fils chéri participa intensivement aux activités de son père, et c'est à cette période que les MCG prirent un autre visage.
Les progrès technologiques étaient fulgurants et les problèmes auxquels étaient confrontés les trains ne demeuraient plus les mêmes. Le sabotage ne régnait plus mais les accidents ne faisaient que croître... Un problème que la famille Laringite résolut avec brio.
C'est le jeune Edmond qui constata que la plupart des accidents advenaient à proximité des terminus, des changements de voies et des viaducs et ce, notamment lors des soirs de pluie...
Son père ne put que confirmer ce fameux constat : les trains avaient besoin d'être guidés...
Les deux complices commencèrent alors cette tâche fondatrice des Eclairsheure : GUIDER ! C'est à l'aide de lampe à gaz, de sang froid et d'un grand calme que les deux Créateurs changèrent le destin de nombreux cheminots.
Le travail était rude et intense. Edmond travaillait deux fois plus que son infirme père, et le recrutement de forces compétentes était difficile. Louis Laringite du se retirer de ce travail sur le terrain, son fauteuil roulant n'étant pas adapté aux contraintes du terrain (trop de cailloux, de pentes, de trous...). Néanmoins il continua son travail à l'arrière en développant l'organisation sur l'ensemble du territoire d'Ile de France. En 1940, les Forces Guidantes (les FGD, nom donné par Edmond en 1932) comptaient plus de 120 membres !
C'est en 1945, à la suite de la tragique mort de Louis Laringite, qui ironie du sort, fut fauché par un train, que le veuve Laringite donna le nom d'Eclairsheure à l'organisation. Elle l'attribua en rapport avec le respect et la fidélité que lui accordait son fils : tous les soirs pendant 10 ans, Edmond rentra souper à l'heure avant de repartir servir la France. Chaque soir elle répétait cette phrase :" Oh mon éclair, tu m'éclaires, tu éclaires et tu es toujours à l'heure !"...
C'est ainsi que les FGD devinrent les Eclairsheure pour finalement garder à jamais ce dénominatif....